Je n’ai pas de mari…

Un Commentaire sur l’histoire de Jésus et la femme samaritaine (Jean 4.1-42)

 J’imagine la femme Samaritaine après avoir entendu cet ordre de Jésus : « Va appeler ton mari, […], et reviens ici ». A-t-elle pendant une fraction de seconde vu ldéfiller les dernières années de sa vie ? S’est-elle rappelée les visages des hommes qui avaient partagés son quotidien ? Les souvenirs de moments de joies ? La douleur des séparations a-elle refait surface ?

Parfois une fraction de seconde peut durer une éternité…

J’imagine maintenant la femme, visage baissé et mains crispées, puis secouant la tête comme pour chasser tous ces souvenirs avant de répondre, presque dans un souffle, un murmure empreint de douleur, une voix à peine audible : « Je n’ai pas de mari ».

Voilà… elle l’avait dit. Sans essayer de nier sa réalité, d’embellir sa condition ou d’expliquer sa situation.

Relevant lentement le menton, elle attendait la réaction de son interlocuteur sans oser le regarder en face. Son cœur battait la chamade, mille questions se bousculaient dans sa tête : Jésus allait-il se moquer d’elle ? la juger ? la condamner ? Ou peut-être piqué par la curiosité l’interroger sur ce qu’elle venait de dire et demander plus de détails ?

Rien de tout cela. Encore une fraction de seconde semblable à une éternité…

Puis finalement la douce voix de Jésus et son ton empli de gentillesse lorsqu’il s’adresse à elle : « Tu as bien fait de dire : ‘Je n’ai pas de mari’ ».  Et sans lui laisser le temps de revenir de sa surprise, alors que les yeux de la femme s’écarquillent d’étonnement, elle l’entend ajouter : « tu as eu cinq maris et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit la vérité. »

La vérité, rien que la vérité… N’est-ce-pas ce que chacun promettra de dire si jamais il se retrouvait devant un juge ? Et à combien plus forte raison si on se retrouve devant le Juste Juge, celui-là même qui est le chemin, la vérité et la vie. (Jean 14, 6) ?

Auriez-vous agit comme la femme samaritaine? Jésus connait notre passé, notre situation actuelle mais aussi les merveilleux plans que son Père a pour nous. Nous ferions donc bien de lui présenter notre réalité telle qu’elle est, sans vouloir trouver des excuses ou minimiser les faits. En Christ est notre source de vie.